Miniforums avec réçits

DEMARCHE

Le principe de cette activité est de mener le miniforum en s’appuyant sur des exemples d’incivilités proposés par l’équipe. La technique cherche à faire débattre les élèves sur une variété de cas de non respect vécus dans l’école. Les cas ont été choisis pour leur multitude, mais aussi pour sensibiliser les élèves à des problématiques qu’ils ne connaissent pas forcément.

Cette méthode a été construite au départ pour des écoles qui ont déjà quelques années d’école citoyenne derrière elles. L’idée est de faire réfléchir les élèves autant sur la loi que sur la meilleure manière de réparer les incivilités.

MATERIEL

  • un local avec les chaises en cercle (idéalement)
  • des feuilles avec les récits à discuter, imprimées en nombre suffisant
  • une ou plusieurs affiches pour prendre note
  • l’affiche de la loi des années précédente (si elle existe)
miniforums cas concrets

DEROULEMENT

1) Introduction

  • Expliquer les objectifs du miniforum et le lien avec le projet citoyen de l’école
    • Répondre à la question « comment vivre cette année dans le respect ? » et faire des propositions de règles de respect
    • La même chose est faite dans toutes les classes
    • On en fera une synthèse qui deviendra l’affiche de la loi
    • Cette loi nous servira à gérer le respect dans l’école pendant toute l’année.
  • Lire les différents cas devant le groupe (voir feuilles ci-dessous). Expliquer que ce sont des cas qui ont réellement existé (mais dont les noms ont changé)
  • Expliquer que chaque sous-groupe devra choisir deux cas dans la liste et faire des propositions de réparation

2) Travail en sous-groupe

  • Placer les participants en sous-groupe.
  • Demander à chaque sous-groupe de se désigner un rapporteur
  • Redonner les consignes : choisir deux cas dans la liste et faire des propositions de réparation

3) Partage :

  • Demander si un élève a une belle écriture pour écrire sur l’affiche
  • En cercle, groupe après groupe, partager les histoires et les propositions de réparation.
  • L’animateur n’hésite pas à demander aux élèves « rapporteur » de préciser leur pensée, notamment en posant des questions. Il peut également reformuler certaines choses pour clarifier les idées. Il peut demander aux autres du groupe de compléter si besoin.
  • Après l’explication des réactions proposées, on explique aux élèves ce qui s’est réellement passé suite au récit en question (voir feuille ci-dessous).
  • On invite les élèves à partir des histoires et réparations évoquées pour faire des propositions de règles. L’idée est que les règles proposées permettent de gérer ces événements.
  • Sur une affiche, on note ces propositions de règles qui ont été faites
  • Si les débats mènent à des propositions qui ne sont pas réellement des questions de respect (par exemple avoir un distributeur de boissons ou de meilleurs locaux…), on les note également sur l’affiche, mais dans une catégorie « autres propositions »

4) confrontation avec la Loi existante

  • Lorsqu’une loi existe, on la mobilise à chaque récit traité pour voir si elle est bien formulée pour répondre à ce récit.
  • en particulier, on regarde si la loi est complète pour répondre aux situations de non respect évoquées
  • On regarde également si la formulation de l’ancienne loi convient aux participants
  • On note les propositions de modification de la loi
  • Eventuellement, on note les propositions graphiques pour l’affiche.

5) Conclusion :

  • On conclut l’activité en demandant s’il y a un volontaire pour participer à la synthèse de la loi (en précisant le moment où celle-ci se déroulera). S’il y en a plusieurs, on tire au sort celui ou celle qui ira.
  • On remercie le groupe pour sa participation et on rappelle les étapes suivantes du projet citoyen (synthèse, fête de la loi, élections…)

Exemples de récits à discuter

Réçit

  1. Un élève de troisième n’arrête pas de faire le caïd dans la cours de récréation : il frappe les autres (mais jamais fort), il menace, parfois il prend la collation des plus petits.

Réaction de l’école

On reçoit l’élève (et éventuellement certaines victimes au conseil). Les élèves du conseil essayent de faire comprendre à l’agresseur que, comme ça, les autres élèves vont avoir peur de lui mais ne l’aimeront pas. Si l’élève est positif, on lui propose de faire des excuses et on lui propose aussi une réparation qui lui permet de changer son comportement dans la cour de récréation. Dans ce cas-ci, l’élève a du venir tous les matin à 8h pendant 2 semaines pour accueillir les élèves à l’entrée de la cour.

2. Un élève de troisième se moque de la sœur d’un élève de première. Celui-ci lui répond et l’insulte. L’élève de troisième lui dit qu’il va l’attendre à la sortie.

On a fait une médiation pour qu’ils se parlent et comprennent la position de l’autre. L’élève de troisième a dans ce cas assumé. Il a compris que, si ça avait été sa sœur, il aurait aussi mal réagi. Il a fait ses excuses et tout est rentré dans l’ordre (sans bagarre).

3. Trois élèves n’arrêtent pas de se moquer les uns des autres (moqueries sur leur prénom, sur leur physique…). Les éducateurs ont du les séparer plusieurs fois alors qu’ils se battaient dans la cour de récréation.

Les trois élèves ont été invités au conseil pour comprendre l’origine de ces bagarres. L’origine étant les moquerie, ils ont été invités à faire une réparation le mercredi après-midi consistant à sensibiliser les élèves aux dégâts des moqueries. L’un a fait un slam sur son prénom, l’autre un article pour le site de journalisme et le troisième un panneau de sensibilisation aux dégâts des moqueries.

4. Des élèves ont dégradé les toilettes de la cour de récréation en bouchant les WC avec du papier. Ils ont provoqué une inondation, des odeurs désagréables et la fermeture des toilettes pendant une semaine.

On reçoit les élèves au conseil. On discute avec eux de la gravité des faits : ils dégradent l’école et empêchent tous les autres élèves d’aller aux toilettes. Les élèves doivent d’abord réparer, ce qui veut dire que leurs parents doivent payer les dégâts, qu’ils doivent faire leurs excuses aux ouvriers ainsi qu’aux autres élèves. En plus ils doivent montrer qu’ils ne recommenceront plus, par exemple en accompagnant le service de nettoyage pendant son travail.

5. Un prof s’énerve sur un élève parce que, pour la 10ème fois, il n’a pas son matériel en classe. A un moment, l’élève explose, insulte le prof et sort en claquant la porte.

On fait une médiation avec le prof et l’élève pour qu’ils se parlent calmement. Dans ce cas-ci, le prof a expliqué à l’élève pourquoi il n’en pouvait plus et pourquoi il a fini par s’énerver, en précisant que cela ne lui faisait pas plaisir de s’énerver. L’élève a expliqué son point de vue et s’est excusé. On a cherché tous ensemble comment aider l’élève à avoir son matériel à l’avenir.

6. Deux élèves se sont disputés :

  • La première, une fille, a parlé derrière le dos et s’est moqué d’un garçon
  • Le deuxième, un garçon, a mal regardé, a insulté très vulgairement.

Ce cas arrive souvent. On fait en général une médiation pour qu’ils se parlent et comprennent la position de l’autre. Le but est d’arriver à des excuses.

7. Un élève n’arrête pas de manquer de respect aux autres élèves et aux professeurs. Ce n’est jamais très grave mais, malgré les remarques des professeurs, éducateurs et de Mme Martin, il n’arrête pas.

Ce cas arrive souvent. On cherche avec l’élève les causes de son comportement, on cherche souvent les manières dont il pourrait réagir. Souvent on propose le parrainage d’un plus grand pour le coacher dans sa relation avec les autres élèves et avec les profs, pour l’aider à gérer ses émotions aussi.

8. Un élève est pris sur le fait : il a volé le gsm d’un autre garçon de sa classe.

L’élève est reçu au conseil pour discuter de la question du vol. On le sensibilise à l’impact que ça a sur une classe. Non seulement ça fait du mal à celui qui a été volé, mais cela installe un climat où il n’y a plus de confiance. Si l’élève a compris, on lui propose de rendre le gsm, de faire ses excuses à l’autre élève devant toute la classe, de faire des excuses à la classe pour avoir dégradé la confiance, et en plus de faire une réparation d’intérêt général le mercredi après-midi.

9. Deux élèves se moquent d’un troisième régulièrement. Ils parlent de sa veste, de sa taille… Un jour, le troisième élève s’énerve et frappe l’un des deux autres.

Ce cas arrive fréquemment. On fait en général une médiation pour qu’ils se parlent et comprennent la position de l’autre. Le but est d’arriver à des excuses. Comme il y a eu des événements publics inacceptables dans une école, en plus les élèves doivent faire une réparation commune, par exemple réaliser un tableau sur la manière de se parler pour résoudre un problème. On accompagne les élèves dans la réalisation de ce tableau.