Parrainage comportemental

DÉMARCHE

A côté du parrainage pédagogique, le parrainage comportemental est également un outil puissant. Son principe est de mettre en relation des grands et des petits par rapport à la question de leur comportement et des stratégies pour bien se sentir à l’école.

 

Tout comme pour le parrainage pédagogique, cette technique peut se mettre en place de manière systématique, ou suite à des difficultés ressenties. Les établissements qui le mettent en place de manière systématique s’arrangent pour organiser des rencontres structurées entre les grands et les petits. La stratégie peut consister à avoir une grande différence d’âge, par exemple entre des 5e et des premières (2e et 5e en France). A l’inverse, l’optique peut aussi être d’avoir des parrains à peine plus âgés que les élèves qu’ils accompagnent. Cette seconde optique est parfois plus difficile en terme de maturité des « grands frères ». En même temps, elle a l’avantage de donner des responsabilités rapidement dans le cursus d’un jeune, tout comme d’avoir des parrains qui sont proches des réalités de ceux qu’ils encadrent.

Le parrainage comportemental peut s’organiser de manière ponctuelle, par exemple en faisant suite à des incivilités ou à des situations problèmes vécues par l’un ou l’autre jeune. Il peut aussi est organisé à travers des temps plus collectifs, comme par exemple des séances de « speed dating » entre parrains et parrainés.

 

Dans un cas comme dans l’autre, il est bon de former les « grands frères » à l’avance pour bien leur expliquer les objectifs de la démarche, le type de rôle que l’on attend d’eux ainsi que pour leur donner des outils et du soutien dans leur tâche. Afin de former les parrain, au niveau du MIEC nous optons en général pour deux après-midi de formation avant de lancer la démarche, ainsi que pour un ou deux moments de formation dans le cadre du suivi du travail des parrains.

 

Dans le cadre du parrainage comportemental, il est bon d’avoir des parrains qui ont toujours eu un bon comportement scolaire, mais il est encore plus efficace d’avoir des jeunes qui ont eux-mêmes connu des difficultés. Parce qu’ils ont souffert de certaines situations, parce qu’ils en ont régulièrement payé le prix, parce qu’ils ont réussi à trouver malgré tout un équilibre scolaire, ces élèves sont des ressources précieuses pour accrocher l’attention des jeunes en difficulté ainsi que pour leur permettre de gagner du temps en ne reproduisant pas les erreurs de leurs aînés.

 

Lorsqu’un élève jadis en difficulté reçoit la responsabilité de devenir un parrain, cela le renforce dans sa trajectoire positive, cela lui permet de jeter un regard plus positif sur les difficultés de son passé (puisqu’il peut en faire une qualité aujourd’hui) et cela déclenche en général une belle motivation pour jouer ce rôle à fond.

 

Si les élèves « parrains » en retirent en général un renforcement positif, il est en même temps important, au niveau de l’accompagnement, de veiller à ce qu’il fassent bien la différence entre les moments où ils jouent ce rôle et ceux où, dans l’école, ils sont encore tenus à des comportements d’élèves respectueux du positionnement de leurs enseignants. Suite à certains encadrements, il arrive en effet que des élèves jouent tellement bien leur rôle de « grands » qu’ils ont ensuite du mal à redevenir les « petits » dans leur rôle quotidien d’élève.

SOURCES

MIEC (Mouvement des Institutions et Ecoles Citoyennes)