Pour gérer des débats sensibles : quelques principes

DÉMARCHE

Inspirés de la théorie de la communication non violente, les principes qui suivent sont utiles à la gestion de n’importe quel débat. En plus d’éviter l’usage de bien de faux arguments, ils permettent d’apprendre à débattre de manière plus constructive, plus efficace et surtout nettement plus bienveillante.

PRINCIPES

1. Parler en « je », éviter le plus possible de s’exprimer au nom de l’autre, et encore moins pour lui dire ce qu’il doit faire. Que ce soit par le « tu », le « ils », le « vous » ou le « nous », inclure les autres dans ces propres positions ouvre bien souvent la porte aux stéréotypes et autres raccourcis.

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2. Eviter tout jugement : sur les personnes, sur les idées… Pour l’animateur, il s’agit non seulement d’inviter les jeunes à éviter d’être dans le jugement, mais aussi de montre l’exemple à ce niveau, même par rapport à des positions qu’il trouverait extrémistes.

3. Inviter les acteurs à exprimer leurs émotions par rapport au sujet. C’est ce qui permet de sortir du jugement sans sortir de la liberté d’expression. Plutôt que de dire « les étrangers sont tous des voleurs », on peut ainsi amener un jeune à réfléchir et, s’il persiste, à reformuler en « je vois les étrangers comme des voleurs » ou en « on m’a dit que les étrangers étaient des voleurs », voire encore en « j’ai été volé par une personne d’origine étrangère ». Selon le déroulement des échanges, l’animateur cherche à aider les jeunes à reformuler eux-mêmes leurs idées, ou bien il leur propose spontanément des reformulations moins jugeantes, facilitant ainsi la compréhension des autres, diminuant les éventuelles violences ressenties. Pour que ce principe puisse être respecté, il est fondamental de l’expliquer avant le début de l’animation[1].

[1] Dans une classe, , il est bon que ce genre de principe soit formulé en début d’année, et rappelé régulièrement comme base du vivre ensemble.

4. Lorsque les idées des jeunes paraissent les opposer, les aider à résumer les points communs et les divergences.

5. Rappeler systématiquement que l’on peut être en désaccord. Le but n’est pas que tout le monde soit du même avis : c’est que tout le monde puisse être entendu, et que tout le monde soit respecté.

6. Lorsque l’on fait des commentaires sur la qualité des arguments évoqués ainsi que sur la qualité de leur présentation, garder à l’esprit qu’il est fondamental d’être encourageant, de mettre en avant les qualités de l’expression, et présenter les limites comme des invitations à faire mieux. En soi, prendre la parole en public est déjà un geste positif. Ce n’est facile pour personne, et ce n’est certainement pas plus simple à l’adolescence.

7. Si besoin, insister sur le fait qu’un débat réussi est un débat où l’on parle et on écoute

SOURCES

Communication non violente